LE POINT SUR LES CRITERES
Que trouve-t-on sur le marché ?
Des produits avec pour mention « huile essentielle 100 % pure et naturelle ». C’est insuffisant.*
Des essences avec mention HEBBD (Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie) ou HECT (Huile Essentielle Chémo-Typée). Il s’agit de produits sérieux.*
- Des essences avec mention des Critères d’Assurance-Qualité EOBBD (Essential Oils Botanically & Biochemically Defined), la référence dans le domaine de l’Aromathérapie. Ces Huiles Essentielles sont excellentes, les meilleures du marché.
- Au début des années quatre-vingt, Philippe Mailhebiau a créé le label HEBBD (Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie) qui représente alors une avancée importante, notamment en matière de traçabilité.
Parallèlement, d’autres appellations issues de la même démarche qualitative se distinguent sur le marché, HECT principalement (Huile Essentielle Chémo-Typée).
Les laboratoires qui utilisent ces références font un bon travail* et leurs produits sont qualitatifs.
(* Le laboratoire Phytosun’Arôms, leader sur le marché européen et le premier à utiliser le label HEBBD dès 1985, fut fondé et dirigé par Philippe Mailhebiau. Ce laboratoire appartient depuis 2002 au Groupe européen Omega Pharma).
Ces labels permettent d’assurer une traçabilité des essences qui, globalement, sont de qualité supérieure. Il leur manque toutefois certaines précisions, notamment dans leur Spécificité Biochimique ainsi que sur l’absence de pesticides.
C’est pourquoi dès 2000, Philippe Mailhebiau fait évoluer ses références et les dote de nouvelles exigences ; il s’agit de la dénomination EOBBD* « Essential Oils Botanically & Biochemically Defined »
Philippe Mailhebiau, avec l’aide de Jacqueline Azémar, Pharmacienne experte en contrôle qualité et en réglementation concernant les normes européennes, et le Dr Suvarnalatha Gotham, PhD en botanique et biochimie, spécialiste des analyses chromatographiques, met alors en place de rigoureuses procédures pour une méthode d’analyse et de contrôle qualité. Ce Management Quality Control obtient la certification ISO 9002 en 2000.
* L’appellation EOBBD et le logo s’y rattachant ont fait l’objet d’un dépôt international et restent la propriété de Ph. Mailhebiau. Toute exploitation de ce terme ou du logo sans autorisation est donc abusive et s’expose à des poursuites. Le droit d’utilisation est donné aux laboratoires s’engageant à respecter les exigences de la EOBBD Quality Assurance.
Aujourd’hui, les critères d’Assurance-Qualité EOBBD sont les plus rigoureux du marché ; ils assurent la traçabilité, la nature et la composition des essences.
Pour plus d'information : voir www.aromanet.com
LES CRITERES
d’ASSURANCE-QUALITE EOBBD
6 CRITERES d’ASSURANCE-QUALITE EOBBD (Essential Oil Botanically & Biochemically Defined) assurent la NATURE, la COMPOSITION et la TRAÇABILITE des HUILES ESSENTIELLES :
La dénomination de l’espèce botanique et variété de la plante distillée selon l’usage de la Nomenclature Binominale Internationale :
« Huile essentielle de Lavande » ou « essence de Verveine » sont des appellations génériques qui n’indiquent pas ce que sont réellement ces produits.
Il existe plusieurs Lavandes : Lavandula angustifolia, Lavandula latifolia, Lavandula intermedia, et variétés : Lavandula angustifolia Mill. var. fragrans, Lavandula intermedia Emeric ex Lois. clone abrialis, etc., de nombreuses Sauges, divers Thyms, Pins, et des centaines de variétés d’Eucalyptus dont les espèces aromatiques produisent des essences spécifiques.
Exemple : l’Eucalyptus globulus contient en moyenne 40% de 1.8 cinéole (eucalyptol) et l’Eucalyptus citriodora 1% seulement de 1.8 cinéole mais 40% de citronnellol - citronnellal.
Autre ex : Le terme vernaculaire « citronnelle » peut désigner les Cymbopogon nardus et C. winterianus (Citronnelle de Ceylan et de Java), le Cymbopogon citratus (Lemon-grass ou Verveine des Indes), la Melissa officinalis et l’Aloysia citrodora (Mélisse et Verveine).
Seul le nom botanique complet de la plante aromatique permet l’identification de l’origine de l’Huile Essentielle.
La définition de l’espèce botanique doit comprendre les noms de genre et d’espèce suivis de la variété si elle existe (dans la pratique, sont délaissés les diminutifs des botanistes (L. pour Linné, D.C. pour De Candolle, etc.)
| Genre |
Espèce |
Sous-espèce ou variété |
| Lavandula |
angustifolia |
var fragrans |
| Lavandula |
intermedia |
clone super |
| Helichrysum |
italicum |
subsp. Serotinum |
Eucalyptus globulus
Eucalyptus radiata
Eucalyptus citriodora
Eucalyptus smithii… etc.
Cela donne
EOBBD
Sygyzium aromaticum
GIROFLE
EOBBD
Cinnamomum verum
CANNELLE DE CEYLAN
EOBBD
Origanum majorana
MARJOLAINE
Etc.
Se reporter aux Dénominations binominales de 200 EOBBD suivies de leur Spécificité Biochimique. Voir www.aromanet.com
L’origine géographique de la plante aromatique :
Les plantes aromatiques se développent au sein de biotopes particuliers qui participent à la composition aromatique de l’essence. Certaines caractéristiques sont spécifiques à tel ou tel pays ou région du monde : les Lavandula latifolia (Aspic) d’Espagne et France n’ont pas les mêmes taux de cinéole et camphre, l’Ocimum basilicum (Basilic) des Comores contient plus de méthylchavicol que celui de Chine, les Pelargonium graveolens (Géranium) de l’île de La Réunion, de Chine ou d’Afrique du Nord ne sont pas identiques en finesse en raison de variations dans leur composition biochimique, etc.
L’Huile Essentielle d’Helicrysum italicum ssp serotinum (Hélichryse) de Corse est différente de l’Hélichryse des Balkans, également riche en diones, et de celle de France-ouest dénuée de diones.
L’origine des Huiles Essentielles entre dans le cadre de la traçabilité nécessaire aux critères d’Assurance-Qualité.
Cela donne :
EOBBD
Chamaemelum nobile
CAMOMILLE ROMAINE
France
EOBBD
Rosmarinus officinalis
ROMARIN
Maroc
Le mode de culture et le contrôle des pesticides :
Les critères d’Assurance-Qualité EOBBD précisent le type de culture ou de récolte de la plante aromatique d’où est extraite l’essence, avec mention ou non de « Pesticide Free ».
- Huiles Essentielles avec mention « Plante Sauvage » : produits rares, extraits d’espèces ayant poussé dans leur biotope naturel. Les conditions de propriété et de droits d'utilisation de la flore dans les régions de cueillette ou de coupe étant en général contrôlées, les cueilleurs s’astreignent à ces prélèvements difficiles et veillent généralement à ne pas mettre en danger l'équilibre naturel ni la survie des espèces. Ils restent également attentifs à l'absence de sources d'émissions polluantes dans la région.
Ces Huiles Essentielles, si elles ont été distillées convenablement (une bonne matière première ne suffit pas à la qualité du produit), sont remarquables, et leur qualité justifie leur prix souvent fort élevé.
- Huiles Essentielles avec mention « Semi-sauvage » : concerne des espèces d’origine sauvage transplantées et laissées à un développement libre. Se pratique dans certains pays d’Asie, notamment pour Eucalyptus ou Melaleucas. Le produit, bien extrait, est en général excellent si tous les autres critères EOBBD sont respectés.
- Huiles Essentielles avec mention « Biologique » : démarche garante d’une volonté de qualité culturale mais qui ne peut assurer la pureté de l’Huile Essentielle.
a ) Ces labels sont issus d’organismes veillant à la manière dont la plante a été cultivée mais pas à la qualité de son Huile Essentielle. Une plante bio mal distillée ne donne qu’une piètre essence.
b ) Nombre de distillations hors Occident sont menées sur la base de matières premières aromatiques sauvages, semi-sauvages, cultivées généralement sans produits chimiques, par des paysans et distillateurs n’ayant pas les moyens de se conformer aux Assurances d’organismes certificateurs occidentaux. Leurs produits sont naturellement bio mais ils n’ont pas le droit de le préciser du fait que ce terme est légiféré. Leurs essences le sont souvent néanmoins.
c ) Les labels de cultures biologiques ne peuvent garantir l'absence de pesticides dans une Huile Essentielle :
- éventuelles pollutions atmosphériques ou de proximité
- Les lots d'essences « bio » ne sont pas soumis dans leur intégralité à des contrôles systématiques.
Les Critères d’Assurance-Qualité EOBBD recommandent, quand le lot est suffisant, une recherche des résidus de pesticides organochlorés, organophosphorés, pyréthinoïdes de synthèse et dithiocarbamates sur chaque lot d’Huile Essentielle, selon les normes de la pharmacopée européenne.
Le produit final peut alors arborer une estampille « Pesticide Free ».
C’est une Assurance contraignante que les laboratoires sérieux s’imposent peu à peu, de la même façon qu’ils ont progressivement intégré le concept de la Spécificité Biochimique.
- Huiles Essentielles avec mention : culture Bio-dynamique : méthodes enseignées au 19ème siècle par Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie et protagoniste de pratiques culturales respectueuses de la nature et de ses cycles. En général un gage de qualité de culture de la plante mais qui n’évite pas la nécessité de respecter l’Assurance-Qualité EOBBD concernant l’Huile Essentielle proprement dite.
- Huiles Essentielles avec mention « culture raisonnée » ou « intégrée » : pratiquée par des exploitations ayant obtenu d’agences gouvernementales une certification d’application des modes de l'agriculture intégrée.
L’absence de précision signifie qu’il s’agit de cultures conventionnelles ; celles-ci, majoritairement, usent de pesticides comme de divers produits chimiques dont certains peuvent se retrouver dans l’essence.
Toutes les Huiles Essentielles proposées sur le marché ne sont pas exemptes de pesticides, aussi la pharmacopée européenne a-t-elle établi des seuils d’acceptabilité.
Cela donne :
EOBBD
Lavandula angustifolia var. fragrans
LAVANDE OFFICINALE
France
Sauvage – Pesticide Free
Le stade de développement et/ou organe distillé de la plante aromatique :
La composition biochimique de l’essence – clef de ses propriétés thérapeutiques - diffère selon le stade végétatif de l’espèce ou la partie de la plante que l’on distille.
Exemple : l’HE d’Anethum graveolens distillé « plante entière fleurs et fruits » a une composition biochimique riche en limonène et phellandrène.
La même plante distillée lorsque les feuilles sont pratiquement sèches, sans fleurs mais avec les fruits arrivés à maturité, aura comme Stade de Développement « plante fructifiée ».
La plante, en mûrissant, a transformé son essence ; celle-ci ne contient presque plus de limonène et de phellandrène mais environ 30% de carvone.
La carvone, excellente pour les affections rénales, est une cétone qui est hépatotoxique à forte dose. L’essence obtenue à partir de la « plante fructifiée » a donc des propriétés contraires à la première obtenue à partir de la « plante entière fleurs et fruits ».
L’Organe Distillé doit être différencié pour certaines espèces ; l’Oranger amer, Citrus aurantium, est un arbre qui produit une essence dans ses feuilles, une autre dans ses fleurs et une troisième dans le zeste de ses fruits.
Les deux Huiles Essentielles et l’Essence (expressée du zeste et non distillée) obtenues sont différentes dans leur composition biochimique ; la première est riche en acétate de linalyle (ester), la seconde en nérolidol (sesquiterpénol) et la troisième en limonène (terpène). Leurs indications respectives sont différentes.
Note technique : le zeste des agrumes n’est généralement pas distillé mais expressé, on conserve néanmoins et par commodité le raccourci SD/DO
Les Critères d’Assurance-Qualité EOBBD imposent que la mention du Stade de Développement ou de l’Organe Distillé - SD/DO (Stade of Development / Distilled Organ) - de la plante aromatique soit indiquée sur l’étiquette.
Les laboratoires soucieux de la traçabilité de leurs essences en raison de leur usage thérapeutique mentionnent le SD/DO après l’Espèce Botanique complète.
Ex :
Levisticum officinale SD/DO plante entière
Cinnamomum camphora SD/DO feuilles
Sygyzium aromaticum SD/DO boutons floraux
Zingiber officinale SD/DO rhizomes
Cinnamomum verum SD/DO écorce
etc.
Nous distinguons comme SD/DO :
- PLANTE ENTIERE AVANT FLORAISON : le SD/DO s’applique à des espèces telles que Rosmarinus officinalis, Mentha piperita, Salvia officinalis, etc. lorsqu’elles sont distillées avant floraison. Elles peuvent être aussi distillées fleuries, d’où la nécessité de la précision car il s’agit alors d’une autre SD/DO.
- PLANTE ENTIERE FLEURIE : pour le même type de plantes que précédemment mais distillées en fleurs. Ce SD/DO se distingue de l’appellation Fleurs ou Sommités fleuries qui ne comprend pas les feuilles, comme pour Chamaemelum nobile par exemple.
- PLANTE ENTIERE FLEURS ET FRUITS : ce SD/DO s’applique aux Apiacées, Anethum graveolens et Petroselinum crispum par exemple, dont la composition aromatique varie de façon significative selon le stade de développement. Fleurs et fruits signifie que se trouvent sur le même pied des ombelles fleuries et d’autres plus matures où les fruits apparaissent ; les feuilles, également riches en essence, sont encore vertes et odorantes.
- PLANTE FRUCTIFIEE : ces mêmes Apiacées peuvent être distillées lorsque les fruits sont matures ; il y a absence de fleurs, des feuilles sèches et moins odorantes. Le rendement est supérieur mais la composition varie (plus riche en carvone mais moins en a-phellandrène et limonène pour l’Anethum graveolens). Ce SD/DO se distingue du précédent.
- RAMEAUX FEUILLUS : ce SD/DO s’applique aux arbrisseaux et aux arbres dont les branches sont coupées avec peu de bois, comme pour les divers Myrtus et Melaleucas, qui contiendront plus d’a-pinène que l’essence des seules feuilles.
- RAMEAUX FRUCTIFIES : ce SD/DO concerne le Juniperus communis, par exemple, portant des baies de l’année, vertes et peu odorantes, des baies de deux ans violettes, mûres et aromatiques, et d’autres de trois ans, brunes et sans essence. Ce SD/DO peut aussi s’appliquer au Cupressus sempervirens lorsqu’il porte ses fruits et à l’Eucalyptus globulus dont les rameaux peuvent être riches en globules.
- FEUILLES : en plus des seules feuilles distillées, est accepté SD/DO feuilles pour la distillation des jeunes rameaux richement feuillus, au bois vert et peu odorant et qui ne modifie pas la composition de l’essence des feuilles. Ex : Citrus aurantium dont on distille les rameaux fructifiés ; son taux de limonène est dû à la présence de jeunes fruits, d’où l’appellation commune de « petit grain bigarade »). Laurus nobilis, Cinnamomum verum et Cinnamomum camphora, mais aussi les Eucalyptus, Ravintsara (Cinnamomum camphora SB 1.8 cinéole Madagascar) et Myrtus peuvent être classés dans les SD/DO feuilles dans la mesure où les rameaux sont jeunes et tendres.
Par contre, SD/DO feuilles ne peut être utilisé lorsque trop de bois est présent dans la matière première végétale et influe sur la composition de l’HE ; dans ce cas la mention SD/DO rameaux feuillus s’applique.
- AIGUILLES : cette appellation, qui s’emploie pour les divers Pinus et Abies, est acceptée bien qu’il s’agisse en fait de feuilles.
- FRUITS : SD/DO qui sera conservé tel quel pour l’Elettaria cardamomum ; toutefois, parmi les fruits, nous distinguerons les :
- BAIES : de Juniperus communis, peignées ou coupées, contenant des baies vertes mais en majorité des mûres. L’idéal est que ne soient distillées que les baies mûres de deux ans, triées, sans aiguilles ni autres baies (distillation coûteuse en raison du travail de tri).
- BAIES SECHEES : pour Piper nigrum, « baies séchées » est une précision nécessaire dans la mesure où il y a une transformation de l’essence lors du séchage au soleil ;
- SEMENCES : notamment pour les Apiacées dont les graines sont séparées de la plante et des ombelles ;
- NOIX : pour Myristica fragrans ;
- ZESTE DISTILLE : pour les divers Citrus lorsque leur peau est distillée. Toutefois, elle l’est rarement et leur essence est le plus souvent expressée ;
- ZESTE EXPRESSE : le produit aromatique ainsi obtenu est en fait une essence et non une huile essentielle puisqu’il n’y a pas eu de distillation à la vapeur d’eau, d’où la nécessité de la précision expressé ; plus simplement SD/DO est remplacé par EXO (EXpressed Organ) ;
- FLEURS : appellation conservée telle quelle pour Chamaemelum nobile, Matricaria recutita, Citrus aurantium, Rosa damascena.
- BOUTON FLORAL : utilisé pour Sygyzium aromaticum (le bouton floral est communément appelé clou de girofle) ; Sygyzium aromaticum produit aussi une essence dans ses feuilles et dans ses griffes, moins précieuse et servant surtout à obtenir de l’eugénol bon marché ;
- BOIS : pour Cedrus atlantica et Santalum album ; l’arbre est coupé, réduit en copeaux puis pulvérisé et distillé pendant environ une semaine ;
- ECORCE : typique du Cinnamomum verum et du Ravensara anisata ;
- RACINES : pour Angelica archangelica, Nardostachys jatamansi ;
- RHIZOMES pour Curcuma longa et Zingiber officinale ;
- RESINES pour Commiphora myrrha et Boswellia carterii.
Cela donne :
EOBBD
Mentha piperita
- MENTHE POIVREE -
USA
Bio - Pesticide Free
SD/DO Plante entière fleurie
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La Spécificité Biochimique de l’Huile Essentielle :
Ce qui a été mentionné précédemment va influer sur la composition biochimique de l’essence. Il s’agit de définir cette spécificité, de la codifier afin que le consommateur s’y retrouve en lisant l’étiquette d’un flacon d’Huile Essentielle.
Rappelons que les plantes aromatiques, selon leur espèce, leur génotype, leur biotope, le climat, l’époque de leur récolte, le stade de développement, l’organe distillé, produisent des essences spécifiques dans leur composition.
Exemple de Thymus vulgaris SD/DO plante entière fleurie :
cette lamiacée peut avoir plusieurs Spécificités Biochimiques (BS pour simplifier, Biochemically Specificity) qui ne dépendent pas seulement du biotope – l’environnement biologique dans lequel évolue l’espèce - mais aussi du génotype - l’héritage génétique d’une espèce -.
Sa BS peut être à thymol, à linalol, à citronnellol, à géraniol ou à thuyanol. Chacune d’elles possède des propriétés particulières, la plus anti-infectieuse par exemple, étant la BS thymol.
(N’est mentionnée dans cet exemple que la molécule majoritaire de chaque BS).
De sa Spécificité Biochimique dépendent les propriétés d’une Huile Essentielle mais aussi son éventuelle toxicité.
Rosmarinus officinalis (Romarin), selon qu’il croît en France, en Corse ou en Afrique du Nord, produit une essence riche en bornéone, ou en pinène, acétate de bornyle, verbénone, ou en 1.8-cinéole respectivement ; ces composants majoritaires confèrent à son Huile Essentielle des vertus distinctes.
L’Huile Essentielle de Rosmarinus officinalis est réputée soulager la sphère hépatique ; c’est :
a ) vrai pour la BS pinène, acétate de bornyle, verbénone (Romarin d’origine Corse),
b ) en partie exact pour la SB 1.8 cinéole, pinène, bornéone (Afrique du Nord – Maroc et Tunisie -)
c ) faux pour la SB bornéone, cinéole, pinène (d’origine française) dont la molécule majoritaire, la bornéone, est hépatotoxique à haute dose.
La Spécificité Biochimique (BS) est un résumé de la composition de l’essence ; l’étiquette doit mentionner ses deux ou trois composants majoritaires suivis éventuellement d’un composant spécifique à la propriété de l’essence (sclaréol pour la Salvia sclarea, diones pour l’Helichrysum italicum, verbénone pour le Rosmarinus officinalis, etc.)
Doivent être impérativement mentionnés les pourcentages de ces composants.
Exemple 1 : une étiquette mentionne : « Mentha piperita SD/DO plante fleurie BS menthol, menthone, acétate de menthyle ».
C’est bien mais le pourcentage des composants n’est pas précisé ; on n’indique donc qu’en partie les propriétés de l’essence.
Le rapport menthol-menthone (monoterpénol-cétone) est variable.
Exemple 2 :
Mentha piperita SD/DO plante fleurie BS menthol 35% menthone 10% acétate de menthyle 3%
Mentha piperita SD/DO plante fleurie BS menthol 25% menthone 24% acétate de menthyle 2%.
Ces deux Huiles Essentielles n’ont pas les mêmes propriétés ; la deuxième, plus riche en menthone (cétone), est d’usage plus délicat que la première et doit être exclue d’une prescription destinée à un enfant de moins de 10 ans.
Les HEBBD et HECT mentionnent normalement l’ordre décroissant ; cela correspond à ce que Philippe Mailhebiau et certains de ses confrères ont établi au début des années 1980 ; mais il est à présent nécessaire de mentionner clairement le pourcentage des composants majoritaires ou indispensables, et ce sur chaque lot. Ceci réclame une bonne gestion de l’étiquetage mais c’est à ce prix que l’on fait de l’Aromathérapie une médecine fondée sur des paramètres scientifiques non aléatoires.
Ce surcroît de précisions permet au prescripteur comme au consommateur de savoir quelles sont les propriétés d’une Huile Essentielle.
Des HE d’Helichrysum italicum ont pour mention sur le flacon « acétate de néryle, diones ». Le taux de diones est important car ces molécules sont anticoagulantes, propriété pour laquelle l’essence d’Helichrysum italicum est indispensable en Aromathérapie. Une Hélichryse de Corse en contient entre 7 et 12%, un peu moins pour celle d’origine balkanique.
L’analyse montre que certaines HE d’Helichrysum italicum contiennent seulement 1 à 2% de diones (provenance probable des côtes atlantiques de France).On ne peut compter sur une telle essence pour obtenir les effets prodigués par une Helichrysum italicum à 10% de diones.
Lorsque la composition des essences n’est pas celle que l’on attend, les traitements ne peuvent pas donner les résultats espérés.
Ce genre d’approximation a conduit Philippe Mailhebiau, dès 1998, à faire évoluer les paramètres d’assurance-qualité pour les Huiles Essentielles et, en 2000, à établir les nouvelles normes EOBBD ISO 9002 certified.
La mention du pourcentage des Spécificités Biochimiques que les Critères d’Assurance-Qualité EOBBD aujourd’hui imposent, est une nouvelle norme qualitative que les laboratoires sont invités à adopter.
Cela donne :
EOBBD
Melaleuca quinquenervia
- NIAOULI -
Nouvelle-Calédonie
Sauvage - Pesticide Free
SD/DO : Rameaux feuillus
BS : 1,8 cinéole (47%) a-pinène (9%) viridiflorol (3%)
Le Numéro de lot de l’Huile Essentielle permettant d’assurer sa traçabilité.
Tout laboratoire sérieux a, en interne, établi une codification de traçabilité pour son lot de Matières Premières. A chaque nouveau lot est attribué un numéro généralement fait de chiffres et de lettres qui permet de tracer l’histoire de l’Huile Essentielle : date d’achat à tel ou tel producteur ou grossiste, analyse chromatographique, libération du lot pour sa commercialisation en raison de sa conformité aux Assurances-qualité EOBBD), mise en conditionnement, distribution et vente, fin du lot.
Même des années après l’épuisement du lot, son parcours doit être possible pour éventuellement justifier de sa composition conforme, de sa non-toxicité, etc.
En conclusion :
Selon les critères d’Assurance-qualité EOBBD, une Huile Essentielle conditionnée et vendue au public, a fortiori en vrac dans les pharmacies, destinée aux préparations magistrales (selon prescription médicale) doit avoir, mentionnées sur son étiquette, les précisions suivantes :
-
La dénomination de l’Espèce Botanique et, éventuellement, la variété de la plante distillée selon l’usage de la Nomenclature Binominale Internationale
- L’origine géographique de la plante aromatique
- Le mode de culture et le contrôle des pesticides
- Le stade de développement et/ou organe distillé de la plante aromatique
- La Spécificité Biochimique de l’Huile Essentielle
- Le Numéro de lot de l’Huile Essentielle permettant d’assurer sa traçabilité.
EOBBD
Salvia sclarea
- SAUGE SCLAREE -
France
Culture - Pesticide Free
SD/DO : Plante entière fleurie
BS : acétate de linalyle (68%) linalol (12%) sclaréol (2%)
N° de lot : xxx
(Selon système interne de traçabilité de chaque laboratoire)
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Huiles Essentielles Botaniquement et Biochimiquement Définies
(E.O.B.B.D) (Essential Oils Botanically & Biochemically Defined).
Les paramètres des Spécificités Biochimiques (BS) sont variables selon les biotopes et génotypes.
Il ne s’agit pas de lots spécifiques mais de moyennes, aussi les pourcentages des molécules mentionnées sont-ils compris dans une fourchette.
Exemple :
EOBBD Abies alba Mill. / Abies pectinata (Lam.) DC. Sapin blanc, Sapin pectiné, Sapin argenté, Sapin des Vosges
 |
FAM : Abiétacées / Pinacées
SD/DO : feuilles (aiguilles)
BS : limonène (40-60%), a & ß-pinènes (15-25%), camphène (8-12%), acétate de bornyle (1-5%), santène (1 - 3%) |
Spécifications de 200 Huiles Essentielles...(PDF)
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